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Bon, il semble que la seule façon de s’exprimer au PS est la publication d’un ouvrage chez un célèbre éditeur… Après la déferlante de livres anti-Royal, les pro-Ségo réplique en attendant celui, prévu pour la fin de l’année, de la candidate : Patrick Menucci, François Rebsamen ou encore Julien Dray.
Dray vient de publier le sien aux éditions Hachette Littérature : “Règlement de comptes”. Il y raconte notamment que les leaders du PS n’ont pas soutenu Ségolène Royal.
Fable invérifiable et bien pratique pour expliquer une campagne mal menée et la défaite qui s’en suivi. Notez, chers lecteurs, qu’à aucun moment, aucun vrai socialiste (Allègre et Besson ne comptent pas) ne s’est placé dans une posture anti-royaliste et tous étaient prêts à faire campagne avec et dans le sens de la candidate… Il est bien dommage que cette dernière ne les ait jamais invité à le faire…
François Bazin, rédacteur en chef adjoint du service politique au Nouvel Obs, s’énerve à propos de la ligne actuelle du Parti Socialiste dans un éditorial très justement titré : “La grande panne“.
Aujourd’hui, ils (les socialistes) se contentent d’attendre que la crise rattrape Sarkozy. La ligne Hollande a gagné.
Il est vrai qu’on sentait le coup fourré arriver : un calendrier très timide, une rentrée trop littéraire et des militants qu’on a calmés avec des enjeux municipaux.
Immobilisme et non-remise en question du congrès du Mans, Hollande parie sur un revirement de la popularité de Sarkozy et donc sur un résultat en mars proche des régionales de 2004. A l’époque, la campagne socialiste avait eu bien moins d’impact que l’écoeurment et la colère des électeurs contre Chirac et Raffarin.
Cet immobilisme renvoie à plus tard les rêves de rénovation, voire de refondation
Bernard Poignant, député européen, a publié ce mercredi un texte proposant 5 étapes dans la rénovation du Parti Socialiste :
Henri Weber, député européen et membre du bureau national du Parti socialiste, a publié un point de vu dans le journal Le Monde. Il critique ceux qui voudraient que la rénovation du PS tende vers une Social Démocratie alors que c’est déjà le cas pour ce député proche de Laurent Fabius.
Le PS s’est prononcé, il y a longtemps déjà, pour une économie sociale de marché, régulée par la puissance publique et les partenaires sociaux.
Les militants socialistes ont, sans conteste, battu villes et campagnes pour faire passer le message de la candidate du Parti socialiste. Au lendemain de la primaire, ils n’ont eu aucune hésitation, ils se sont tous rangés derrière Ségolène Royal et ont porté son message sur les marchés, dans la rue, dans les cafés ou dans les meetings organisés par le parti. Or, depuis le 6 mai, des voix se font entendre pour venir accabler ces militants.
Ces hommes et femmes qui n’ont jamais sourcillé pour tracter et coller les affiches qu’on leur imposait sont dénoncés aujourd’hui comme étant les principaux responsables de la défaite de cette présidentielle. Ces gens de gauche, qui ont eu la mauvaise idée de ne pas soutenir la candidate lors des débats pour l’investiture, sont traînés dans la boue parce que certains ne sont pas capables, ou plus probablement ne veulent pas, reconnaître leurs torts et leurs erreurs.
Comment se fait-il que l’éloignement des quelques figures du Parti socialiste, voulu par la candidate et son équipe, soit jugé, à présent, comme un croche-pied fait à Ségolène Royal par ces bannis. Ces éléments, considérés comme ringards, ont accepté dès le début le résultat du vote interne. Ils n’ont jamais sourcillé lorsque les défauts de préparation se sont fait ressentir. Ils n’ont jamais empiété sur le programme ou sur la tenue de la campagne. Mais jamais, pour préserver cette image d’un renouvellement de figures et de méthode, ils n’ont été appelés et ils l’ont accepté.
Pas une réunion n’a été organisée par l’équipe pour les faire rentrer dans cette lutte, pour accepter qu’ils y exposent leurs idées. Bien des groupes de travail ont été virtuellement créés pour faire taire la presse, mais jamais ils ne se sont réunis. Jamais ils n’ont été autorisés à s’exposer.
“La gauche d’abord !”. C’est l’objectif de remporter la victoire qui prévalu le comportement de ceux qu’on nomme injustement les éléphants. Ils se sont rangés comme tous les militants. Ils ont écouté comme tous les socialistes les discours généralement mal préparés et sans cesse en contradiction. Eux aussi avaient un désir d’avenir pour la gauche. Mais jamais, pendant ces six derniers mois, ils n’y ont cru. Aucun militant n’y a jamais cru. Aucun sympathisant n’y a cru.
Cette défaite, car c’est une défaite sévère qui a été infligée au Parti socialiste, est avant toute chose la conséquence d’un projet fade, d’une mission menée dans un but imprécis. Dans ce sens, c’est la conséquence des choix de tous les responsables du Parti socialiste depuis dix ans. Mais c’est également la défaite d’une meneuse, car celle qui prenait en novembre la responsabilité d’une victoire ne peut pas se préserver de l’imputabilité d’une défaite. Mais en aucun cas ça ne peut être la défaite des militants et cela, quels qu’aient été leurs choix en novembre 2006.
Ce n’est pas en choisissant aujourd’hui ses mots avec soin, ce n’est pas en minimisant sa responsabilité dans le résultat du 6 mai que la gauche va se sortir grandie et plus forte. Ce n’est pas en blâmant certains tout en fuyant sa propre autocritique qu’en 2012 le projet socialiste sera plus fort et plus à même d’être accepté par les Français.
C’est aux socialistes, aux militants et aux sympathisants qu’il convient d’indiquer qu’il n’existe qu’un chemin vers la victoire, celui qui passe par une rénovation de fond, une rénovation qui met de côté les représentations et les ambitions personnelles pour envisager un vrai travail sur le contenu et sur l’essence même du Parti socialiste. Le projet et les prochaines victoires naîtront de l’énergie, d’une volonté de changement et non pas d’une vulgaire OPA de quelques-uns sur un parti à reconstruire.
La France a parlé et nous, gens de gauche, sommes vaincus. Les électeurs français viennent de préférer le candidat du gouvernement en place à la gauche réformiste et pleine de promesses que nous n’avons pas pu ou su imposer.
Le PS n’a imposé son programme et la candidate qui le soutenait à aucun moment dans la campagne. Le premier coup de rasoir de Nicolas Sarkozy l’a placé d’emblée sur la plus haute marche du podium sans qu’il ne soit jamais possible, à Ségolène Royal et son équipe de campagne, de le déloger.
Pourtant, la gauche avaient tout pour gagner. Il était le candidat sortant et il avait un bilan catastrophique. De part l’insécurité aggravée dans les villes, il ne pouvait aucunement jouer de sa position d’ancien ministre de l’Intérieur. Il n’était pas en mesure, non plus, de faire valoir le bilan d’un gouvernement qui a augmenté les écarts sociaux et alourdi la dette du pays. Le leader de l’UMP a tant exacerbé les tensions ethniques et sociales que les nouveaux électeurs venus s’inscrire en masse après les émeutes dans les banlieues étaient dors et déjà gagnés par la gauche.
Et pourtant, malgré les nombreux handicaps de Nicolas Sarkozy et le vote massif des électeurs, le candidat de droite est notre nouveau président de la République. Il a été élu avec un avantage de plus de 6 % sur la candidate du PS. C’est une avance considérable.
On peut, bien sûr, mettre en cause l’acharnement des grands médias qui ont fait leur possible pour démonter le programme socialiste et imposer les thèmes de Sarkozy pendant la campagne. Nous ne pouvons pas non plus négliger le fait que la France reste un pays misogyne et qu’une partie de la population n’est pas prête à voir une femme les diriger. Toutefois nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les erreurs du PS, de la candidate et sur l’handicapant projet socialiste résultant d’une remise en question toujours retardée.
La communication n’a pas toujours été parfaite, et on sait bien comment, en ces jours sombres, le marketing et la publicité ont le pouvoir de déterminer quels thèmes, quelles discussions et quelles idées politiques se placeront sur le devant de la scène.
L’éloignement forcé de certains socialistes dans le but de renforcer le souffle du renouveau et de la réforme cher à Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, n’a pas été en mesure de consolider la base des sympathisants de la candidate.
N’a pas été compris, par ailleurs, le principe de discussion avec les électeurs et de démocratie participative prôné pendant les primaires du PS. Le sentiment d’un manque de visibilité résultant de cette politique n’est évidemment pas populaire. Les Français ont préféré une proposition totalement inverse, à savoir un discours construit autour de questions déjà posées et de réponses déjà établies.
Le soir du 6 mai, il ne nous a pas fallu attendre longtemps pour entendre le projet de la candidate : accompagner les législatives du renouveau qu’elle incarne. Ce renouveau qui a été rejeté.
Pour le PS et pour la gauche en général, il est grand temps d’en terminer avec la ligne molle suivie par le parti depuis cinq ans. Ils ne peuvent plus assumer leurs différences en les cachant, comme c’est le cas depuis quelques années. Il est temps, maintenant, d’afficher les préférences, les courants et les couleurs, même vis-à-vis de l’extérieur. Les militants ne sont pas assimilés : le PS n’est pas un parti comme les autres, c’est un mouvement rassembleur et l’objectif commun ne doit pas faire oublier que toutes les idées ne sont pas forcément toutes partagées.
Le PS ne peut plus avoir un projet socialiste sans consistance et nous, gens de gauche et militants politiques, ne pouvons accepter l’absence des socialistes dans la vie française en dehors des élections et autres événements politiques majeurs.
Pour une gauche forte, il faut, dès cet été, mettre en place une grande réflexion sur la nature du parti et sur son ambition. C’est dans cet objectif que des millions de français, qui ne reconnaissent pas dans le nouveau visage de la France, sont près à travailler. Et pour toutes ces raisons, je souhaiterais que tous les militants du PS expriment prochainement leur position, une position claire et générale sur les lacunes socialistes. Il est temps pour nous, nous qui nous retrouvons dans un mouvement progressiste, européen, socialiste, de communiquer notre profonde adhésion à un programme véritablement social démocrate.
Laurent GUÉDON du groupe des Sociaux Démocrates de la Goutte D’Or sur Ouvrons Le Débat