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Lundi, Ségolène Royal a appelé les socialistes à se remettre “tous au travail”. Il est vrai que depuis la réunion du Bureau National du 24 juin, la rénovation nécessaire du PS est au point mort et il est temps que les militants imposent leur point de vu et bousculent légèrement le calendrier de François Hollande.
Nous devons tous nous remettre au travail, en examinant avec beaucoup de clairvoyance tous les éléments refondateurs qui se sont levés pendant la campagne, et sur lesquels il faut continuer à travailler
De son coté Benoît Hamon a déclaré que l’ex-candidate “a parfaitement intégré le fait que c’était une défaite, et une défaite assez ample”. Notons que Ségolène Royal, elle, n’a curieusement toujours pas prononcé ce mot.
Julien Dray est toujours en campagne pour la présidente du Poitou-Charentes. Invité mardi surr France-inter, il a vanté la candidature de Ségolène pour 2012 :
Elle a aujourd’hui un avantage par rapport à d’autres, c’est qu’elle a fait cette campagne.(…) c’est un atout pour le PS (…), c’est un acquis qu’on n’est pas obligé de reconstruire
L’ancien porte-parole de la candidate a également affirmé que ce qui avait manqué pendant la campagne était le manque “d’unité” :
il n’y avait pas autour de la candidate ce pack homogène, cohérent, qui valorisait ses propositions
Mais aucune mention faite du choix, de l’équipe de campagne, de tenir à l’écart les principaux responsables socialistes.
Comme pour l’UMP en son temps, Manuel Valls a proposé de changer le nom du Parti Socialiste.
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a estimé que le PS avait d’autres chats à fouetter pour le moment :
Pour moi ce n’est pas une priorité. Ce qui compte c’est le contenu de la politique, la dynamique qu’on est capable de créer, le rassemblement que l’on fait. Autour de nous les partis de gauche de la même famille que nous, travaillistes, socio-démocrates, ont gardé leur nom
Ségolène Royal a réunit son groupe Désir d’Avenir lundi pour une analyse de la campagne. Libération rapporte les paroles de militants remontés.
Joseph
J’attends de la réunion d’aujourd’hui qu’on y dise enfin pourquoi nous avons perdu (…). J’espère que Ségolène Royal va fustiger le PS et ses dirigeants, en particulier François Hollande, qui a une part de responsabilité dans l’échec de cette campagne.
J’ai toujours soutenu Ségolène Royal (…), mais je dois dire que j’ai été très déçu, elle n’a pas été à la hauteur. Le principal défaut de cette campagne c’est de ne pas avoir été suffisamment concret. De ne pas avoir traité les vrais problèmes, comme la dette. Franchement, l’ordre juste, ce n’est pas concret, tout le monde s’en fout.
(…) il faudra aussi qu’elle maîtrise mieux certains dossiers. Cela éviterait des imprécisions.
(…) Il faut, à la tête du parti, des gens qui ne sont pas dans l’éternelle négation mais veulent aller de l’avant, comme DSK ou Manuel Valls.
Isabelle
Je ne crois pas qu’on puisse parler d’échec de Ségolène Royal: elle a quand même été présente au second tour, ce qui n’était pas le cas en 2002. (…) Je pense que le résultat aurait été le même avec un autre candidat. (…) le PS ne pourra pas éviter Ségolène Royal. Il faut qu’elle y ait une place importante, et elle l’aura.
Cyrille
Le parti souffre d’un certain archaïsme (…). Quant à Ségolène Royal,(…) elle doit montrer aux militants que c’est bien avec le PS qu’elle veut travailler, et continuer à proposer.
Après quelques vacances, Ségolène Royal devrait effectuer sa rentrée politique le 25 août, lors de la “fête de la rose” de Melle dans les Deux Sèvres. Avant ça, elle devrait réunir une centaine d’élus et des experts le 16 juillet pour un “debriefing” de la campagne présidentielle.
Dimanche sur TF1, l’ex-candidate a déclaré qu’elle publiera enfin à la rentrée “l’autocritique” de sa campagne.
A propos de sa candidature à la présidentielle de 2012, elle indique que ça restait “une possibilité”.
Je le sens intimement. Je le pense. Ça veut dire que cette fois il faudra que je me prépare bien plus tôt
Le ministre UMP du Travail, Xavier Bertrand, a indiqué samedi que le Parti socialiste est “l’exemple-type de ce qu’il ne faut pas faire”.
Nous avons un Parti socialiste qui symbolise à la fois la cacophonie, la paralysie, l’immobilisme, alors que l’UMP doit symboliser l’unité, le mouvement et le courage. (…) Laissons-leur l’archaïsme, prenons le modernisme. Laissons-leur la démagogie, choisissons la pédagogie. Ca, c’est une voie autrement plus intéressante aux yeux des Français, et c’est nous qui pouvons incarner cette nouvelle voie
Quel taquin ce Xavier.
Henri Weber, député européen et membre du bureau national du Parti socialiste, a publié un point de vu dans le journal Le Monde. Il critique ceux qui voudraient que la rénovation du PS tende vers une Social Démocratie alors que c’est déjà le cas pour ce député proche de Laurent Fabius.
Le PS s’est prononcé, il y a longtemps déjà, pour une économie sociale de marché, régulée par la puissance publique et les partenaires sociaux.
Après Dominique Strauss-Kahn dans le Nouvel Observateur, c’est au tour des quelques “jeunes” du PS de lancer, dans une déclaration commune, un appel à la rénovation du Parti socialiste.
Le parti du mouvement ne doit pas devenir aujourd’hui une machine à broyer les énergies neuves, comme l’issue du dernier Conseil national, plus que décevant, peut le laisser craindre
Christophe Caresche, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Gaëtan Gorce, Marisol Touraine et d’autres membres du Parti Socialiste interpellent les socialistes dans une déclaration appellant à “une transformation profonde, une rénovation exigeante et sincère”. Ils invitent “ceux qui se reconnaissent dans cette démarche” à se retrouver le 20 juillet à Evry (Essonne) pour un séminaire de travail. Ce dernier devrait porter un diagnostic sur les défaites électorales successives de la gauche et réfléchir sur une première série de thèmes, comme la sécurité et l’autorité.
Le Parisien titre aujourd’hui : “Autour de Royal, les fidèles se font plus rares”
Le quotidien indique que Ségolène Royal paie le prix de son échec à la présidentielle et le sursaut socialiste aux législatives.
Mauroy s’est éloigné. Montebourg n’est plus sûr d’« y » croire. Et tant d’élus cherchent du solide alors que se rapproche l’échéance des élections municipales.
De son coté, le fidèle Jean-Louis Bianco, ex co-directeur de campagne de Ségolène Royal a indiqué sur France 2 :
Elle a des réseaux importants dans les fédérations, à la base. Elle a un charimse incroyable quand elle va sur le terrain. (…) Mais l’important est de faire des propositions, de contribuer à la rénovation du Parti socialiste
Des membres du Parti Socialiste, proche de Lionel Jospin, ont publié, dans le journal Le Monde, une tribune recommandant un “processus maîtrisé” dans la refondation du PS. Ils
L’appel est signé des personnalités suivantes : Kader Arif, Harlem Désir, Jean Glavany, Anne Hidalgo, Faouzi Lamdaoui, Annick Lepetit, Stéphane Le Foll et Mehdi Ouraoui.
Rappelons que certains de ces signataires (Kader Arif, Harlem Désir, Anne Hidalgo, Annick Lepetit) avaient publié, dans le même journal Le Monde le 29 juillet 2006, un article invitant Lionel Jospin a se porter candidat à l’élection présidentielle.
Dans un entretien accordé au Monde, Jack Lang, s’est montré sévère avec le PS: “Aujourd’hui que les lampions de la campagne se sont éteints, nous avons le devoir d’être francs. On doit essayer de comprendre. (…)Ce fut une défaite lourde, politique, idéologique, culturelle. Nous disposions, pourtant, de nombreux atouts : un gouvernement sortant en déliquescence, la colère de la jeunesse contre la droite, le puissant besoin d’alternance et une candidate populaire”. “Le système du Parti socialiste doit être entièrement revu”, dit-il encore, avant d’ajouter: ” Je pense qu’il faut favoriser l’émergence d’une nouvelle génération. Pour autant, je ne vais pas me croiser les bras. Je prendrai des initiatives en homme libre, fidèle à mon idéal… Je ne doute pas qu’après une crise inévitablement douloureuse, le temps du renouveau du Parti socialiste surgira”.