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A la veille de l’université d’été du Parti Socialiste, François Hollande est revenu sur l’un des thèmes forts du PS : les 35 heures. Déjà dénigré par Ségolène Royal, le premier secretaire du PS estime que la gauche doit désormais “porter la liberté du temps choisi”.
D’autre part, Hollande a confirmé qu’il quittera son poste lors du congrès du PS en 2008 mais mènera jusqu’au bout la “rénovation”.
C’est une nécessité qu’il y ait à un moment une nouvelle direction qui sorte, mais moi je vais m’y intéresser jusqu’au bout
De son coté, Jean-Christophe Cambadélis, chargé de l’organisation du rassemblement à La Rochelle, estime que l’université d’été doit être “le point de départ” de la rénovation du PS et commencer par “se mettre au clair sur les raisons de l’échec”.
Enfin, Manuel Valls, l’un “des jeunes coqs” du parti qui se sont autoproclamés rénovateurs depuis la défaite de mai dernier, ne masque pas son ambition à l’égard du PS bien qu’à ce jour il ne se soit pas encore déclaré.
Bernard Poignant, député européen, a publié ce mercredi un texte proposant 5 étapes dans la rénovation du Parti Socialiste :
Marie-Noëlle Lienemann a répondu à une interview du Journal du dimanche à la suite de la parution de son livre “Au revoir Royal”, coécrit avec Philippe Cohen. Elle indique que Ségolène “a été imposée par les sondages et les médias”.
Elle (Ségolène Royal) a d’ailleurs joué et joue encore totalement perso. Et n’a tiré aucune leçon de la campagne. Ce qu’elle appelle son autocritique se borne à dénoncer ceux du parti qui ne l’auraient pas soutenu et l’impréparation dont elle aurait été victime.
De leurs cotés, les Gracques se penchent sur la défaite du PS. Les membres du récent club sociaux-démocrates avaient leur première université d’été. Bernard Spitz, un des responsables, a estimé que “comme à d’autres époques, comme dans d’autres pays, c’est à la société civile de faire bouger les lignes”. Michel Rocard qui était leur invité a déclaré samedi dans un entretien au Parisien que “le PS français n’est plus pour un paquet d’années en situation de gouverner”.
Ce parti est né en 1905 sur une ambiguïté qu’il n’a jamais levée : il ne sait toujours pas s’il doit accepter l’économie de marché où s’il doit tout casser. Résultat : on vient de perdre non pas une mais trois élections présidentielles de suite parce qu’on ne sait plus quoi dire.
De son coté, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a demander au PS “d’arrêter de faire des synthèses, de décider ! Mais accepter que les partenaires sociaux construisent des compromis.”
Update : Un petit compte-rendu de l’université d’été des Gracques est disponible sur le blog de Luc Mandret
Ségolène Royal a fait sa rentrée samedi à la fête de la Rose à Melle. Lors de son discours, elle a indiqué qu’elle n’était “en compétition avec personne” au PS et n’avait “aucun esprit de rancune” ni de “revanche”. A propos de sa défaite en mai, elle a avoué qu’elle avait parfois “improvisé”.
Elle a également cité le SPD :
Les socialistes allemands ont une devise, le marché chaque fois que cela est possible, l’Etat chaque fois que cela est nécessaire. Nous, socialistes français, nous pouvons y ajouter la juste place des services publics.
Ségolène Royal a répondu à des journalistes qui l’interrogeaient sur son souhait éventuel de prendre la direction du PS :
si je suis en posture d’aider mon parti, d’être utile à mon parti…
Selon l’institut de sondage LH2 pour le journal “Libération”, les Français préfèreraient Dominique Strauss-Kahn à Ségolène Royal pour moderniser la gauche. L’ex-ministre de l’économie du PS est jugé par 30% des Français comme le mieux à même de diriger la gauche dans l’avenir et il devance très nettement sa rivale. Cette dernière, avec 15%, perd 6 points par rapport au mois de juin. Derrière, avec 8%, on retrouve… Olivier Besancenot.
Ce sondage prend en compte l’ensemble des électeurs, les sympathisants de gauche plaçant DSK et Ségolène Royal à égalité en tête du classement, avec 24%. Les sympathisants socialistes placent la présidente de la région Poitou-Charentes en tête, avec 31% de voix favorables, contre 27% pour le député socialiste du Val-d’Oise.
L’ex-candidate paye ses hésitations stratégiques et ses critiques à posteriori sur les 35 heures ou le smic à 1.500 euros. De son coté Strauss-Kahn bénificie de sa cote à l’international et, dans le coeur des français, fait figure de vieux sage avec son choix de prendre du recul par rapport au combat politique national.
A moins de 2 semaines de l’universités d’été des socialistes à La Rochelle, deux importantes figures du parti ont fait leurs rentrées.
François Hollande a convoqué une conférence de presse samedi dernier à Toulon pour dresser le bilan des cent jours de Nicolas Sarkozy. Il n’a pas manqué de glisser au passage que la campagne présidentielle “avait manqué de cohérence entre le parti et la candidate” et que “la démocratie militante n’a pas convaincu”. Simpliste, mais ça au moins le mérite d’annoncer les choses.
Ségolène Royal, de son coté, a répondu à un long interview hier, dans le Journal du dimanche. Elle admet avoir commis des erreurs pendant la campagne.
Il y a eu des dysfonctionnements et des erreurs sur lesquels j’ai pu réfléchir. C’était une expérience à la fois merveilleuse, exaltante, et épuisante. Aujourd’hui, j’ai le temps, je choisis, je contrôle.
Elle se dit également totalement prête à “réinvestir” pleinement le champ politique. Elle y annonce également un livre à paraître aux éditions Grasset. Elle devrait y traiter de sa défaite, des points forts et les points faibles de sa campagne.
J’ai attendu pour faire mon autocritique, mais je la fais. Pour mieux rebondir, pour redémarrer.